Jean-Sébastien Bérubé est notamment l'auteur de
Comment je ne suis pas devenu moine aux éditions Futuropolis (Prix BD des collégiens) et de la série
Radisson aux éditions Glénat (Prix Réal-Filion).
En 2001, à 22 ans, j'étudiais en arts plastiques au cégep de
Rimouski depuis trois ans, mais je n'aimais pas ça. J'échouais la majorité de
mes cours et j'étais un étudiant rebelle, qui contestait tout et qui se faisait
régulièrement expulser des cours pour insubordination.
Je voulais faire de la bande dessinée depuis l'âge de sept
ans, mais on méprisait cette forme d'art, qui, selon certains, n'en est pas
une. Toujours est-il que je suis allé voir l'orienteuse du cégep et je lui ai
demandée s'il existait un programme de bande dessinée quelque part. Elle m'a alors
parlé de l'ÉMI à L'Université du Québec en Outaouais. Il n'en fallait pas plus
pour que j'abandonne le cégep et que j'envoie une demande d'admission en tant
que candidat adulte. Lorsque j'ai été accepté, mon père croyait que je mentais
ou que l'université avait fait une erreur. J'ai dû me disputer avec lui pour le
convaincre de me laisser partir à Gatineau.
Une fois arrivé à La Mecque des études en BD, j'avais peur
d'être moins bon et productif que les autres élèves. Je croyais que tous les
étudiants étaient les futurs meilleurs auteurs de BD du Canada et qu'ils
étaient tous des virtuoses du dessin. C'est pourquoi, dans le but d'être
rassuré et de ne pas passer pour un imposteur, je trimballais avec moi mon
recueil de bandes dessinées de 250 pages réalisé au cours des cinq années
précédentes.
Après la première session, comme je trouvais qu'il n'y avait
pas assez de cours de BD, j'ai pensé abandonner le programme, mais Edmond
Baudoin, professeur de l'époque, m'a convaincu de rester en me disant que ça
allait être mieux pendant les sessions suivantes. Il ne m'a pas menti. Parallèlement
aux cours, il y avait les différents fanzines ou revues dans lesquels on
pouvait publier. Le scribe, Plan B, etc., ce qui m'enthousiasmait et me donnait
une raison supplémentaire pour rester. L'école des fanzines était comme l'école
de la vie. On apprenait beaucoup sur le tas et c'était très formateur.
D'un point de vue académique, je crois que le cours qui m'a
le plus aidé est sans aucun doute celui de scénarisation de Mario Beaulac, qui
m'a appris comment structurer mon travail, avoir de la cohérence, mettre de
l'ordre dans mes idées et raconter une histoire du début à la fin.
Mon père était surpris, car, du jour au lendemain, j'étais
devenu un premier de classe alors que j'avais passé les 15 années précédentes
comme bon dernier.
Lors de ma dernière année à l'université, en 2004, j'ai fait
la rencontre d'un professeur, Jean-Louis Tripp, qui allait être déterminante
pour la suite de ma carrière. Lui et Régis Loisel m'ont proposé de déménager à
Montréal pour apprendre à faire de la bande dessinée avec eux. La suite
appartient à l'histoire.
Ce serait injuste de ne pas mentionner les autres
professeurs qui ont contribué à mon développement professionnel, tels que
Sylvain Lemay, Ginette Bernier, Jacques Samson, Réal Godbout, Paul Roux,
Sébastien Trahan et Rosaura Guzman.